J’ai laissé Montréal ce matin pour Québec. La caméra dans mon sac à dos, j’ai pris le métro pour me rendre au point d’embarquement pour le covoiturage. Le moyen de transport longue distance que je privilégie.
En covoiturage, on rencontre toute sorte de gens. De différentes cultures, idéologies, croyances. De différentes origines.
J’ai déjà été seul avec un groupe d’extrême droite dans une voiture en direction de Montréal. Nous sommes souvent 3 en plus du conducteur. Une autre fois, lors d’un trajet Montréal-Québec, le conducteur était d’une humeur si dérangeante qu’il a refusé de prendre notre participation pour le voyage. Il était mal dans sa peau. Et le trajet, au lieu de 2h30 a duré 4h. Mais plus souvent qu’autrement, l’ambiance de voyage est agréable en covoiturage.
J’ai déjà aussi voyagé 2 fois avec un groupe de photographes, une autre fois avec des cinéastes. Aujourd’hui, nous étions 2 photographes, le conducteur et moi, et de 2 travailleurs sociaux. Tout au long de trajet, entre somnolence et jasette, je pensais à comment je vais faire pour tenir ce blog aujourd’hui. Je n’ai pas de portable, et pas de lieu fixe pour les photos. Le débaquement est la bibliothèque Gabrielle-Roy, dans le quartier Saint-Roch.
Le quartier Saint-Roch est un des plus agréables selon moi à Québec. Pas aussi beau que Saint-Henri bien entendu, mais les deux ont des similarités. Deux anciens quartiers d’ouvriers avec une bonne partie de leur population vivant sous le seuil de la pauvreté. Deux quartiers qui subissent le fléau de l’embourgeoisement.
L’arrivée de nouveaux propriétaires et l’ouverture de nouveaux commerces branchés font grimper le coût des propriétés. Les taxes municipales étant en fonction de la valeur des propriétés, donc plus les propriétés prennent de la valeur, plus élevées sont les taxes. Ce qui pénalisent les plus pauvres et chassent les natifs qui souvent sont les plus démunis.
En même temps on ne peut arrêter le changement. On peut l’améliorer, certes et le rendre agréable pour tous. Ce qui implique des volontés politiques et des investissements sociaux.
Ces quartiers dégagent aussi beaucoup de chaleur. Des gens agréables à voir et à rencontrer. Les rues étroites, conservant leur ancienne configuration, et les habitants circulant souvent en plein milieu de la chaussée, font que la circulation automobile est moins agressive; ce qui facilite le trajet à pied.
La photo du jour : un accueil bras ouverts
Images en bas : rue Saint-Joseph

